Pelotage, Verbal

A. : “Nous sommes enfin chez nous et je suis vraiment en colère, mais mon copain ne dit rien, comme si c’était normal”

Avant toute chose, j’aimerais remercier mes amis; ceux qui m’entourent au quotidien, ceux qui me soutiennent quoi qu’il m’arrive et plus particulièrement celui qui m’a envoyé un lien vers ce site et conseillé de raconter ce que j’ai vécu.

Tout est arrivé il y a un mois, peut-être deux. C’était un vendredi soir et il faisait assez chaud, je sortais d’un restaurant avec mon petit ami et nous étions en train de rentrer à notre domicile main dans la main lorsqu’un SDF nous a accosté par surprise. Je n’ai plus vraiment de souvenirs de lui, si ce n’est qu’il ne nous a réclamé de l’argent à aucun moment et qu’il dégageait une très forte odeur de shit.

Mon compagnon accélère progressivement l’allure mais je ne l’imite pas, car je refuse de montrer ma peur. Je porte une robe, elle n’est pas vraiment courte, juste au dessus des genoux, mais ça semble lui suffire pour me peloter les fesses. Outrée, je lui lance un “et puis quoi encore” en le poussant de mon épaule, sans bouger mes fesses pour ne pas qu’il empiète sur mon espace vital. Le voilà qui se met à rire et à nous tourner autour en répétant inlassablement “vous êtes jeunes, faut faire des bébés, faut en profiter”. Encore une fois, je perds mon calme et lui décroche un “ouais ouais, pas avec toi en tout cas” et le voilà qui s’éloigne, m’insultant de tous les noms.

J’ai à peine le temps de reprendre mon souffle qu’une voiture passe et klaxonne à ma vue. A l’intérieur, un homme me siffle et me crie “pétasse” en souriant. Je lui sors un “descend et viens me le dire en face, [...]” et il s’offusque en accélérant.

Nous sommes enfin chez nous et je suis vraiment en colère, mais mon copain ne dit rien. Il a beau ne faire aucune remarque sur ma robe, il n’en fait pas non plus sur le clochard ou le conducteur, comme si c’était normal. Je m’endors énervée, en pensant à un de ses amis avec qui j’ai déjà pris seule le métro et qui m’avait protégée d’un junkie envahissant sans me reprocher d’avoir eu peur ni la profondeur de mon décolleté ce soir-là.

Il a fallu ressortir le lendemain, direction une librairie-papeterie. Hier n’est plus qu’un mauvais souvenir lorsque je cherche un jeu vidéo à acheter, jusqu’au moment où une jeune mère de famille en important surpoids accompagnée de deux gamins braillards me pousse violemment sur le côté pour voir les étalages de jeux, sans s’excuser et sans me regarder. Me sentant insultée, je me remets à ma place originelle, sans oublier de me racler la gorge pour lui faire comprendre mon mécontentement.

Et là, c’est le drame. Elle me sort que je suis belle, fine, que je n’ai aucun problème dans la vie (alors qu’elle ne me connaît ni d’Adam ni d’Eve) et que du coup, je n’ai pas à faire ma “salope” (je cite) et qu’elle a bien le droit de passer devant moi vu que je suis plus favorisée qu’elle par la vie, vu qu’elle est célibataire alors que j’ai quelqu’un. L’un de ses enfants me pointe du doigt et me crie “salope, salope” au visage, et sa mère de lui répondre “oui, c’est une salope”. Je suis sortie directement du magasin après l’avoir traitée de [...], mon amoureux me demandant pourquoi j’étais autant sur les nerfs.

Je sais que le respect va dans les deux sens, et j’essaie chaque jour de m’améliorer, mais je suis humaine, je perds aussi contrôle de temps en temps. Surtout lorsque l’on m’en veut d’être belle, en couple et de faire du 34.

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Je suis avec toi
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Verbal

Julia – “Tu veux combien?”

Je marchais pour rentrer chez moi, et comme mes cheveux se tiraient la malle j’ai décidé de les rattacher. Un homme, qui attendait je ne sais quoi à 10 mètres de là, m’interpelle d’un “pschiit”, je le regarde et il me dit : “Tu veux combien?”

Je continue ma route en prévenant sans me retourner …

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Verbal

Cécile : “Même sans intervenir, montrer qu’on est là suffit pour couper court”

Je ne sais pas s’il s’agissait vraiment de harcèlement ou de drague mais au moins elle n’était pas seule.
J’attendais une amie pour prendre un café en ville. Elle est en retard, je cherche donc un banc pour m’assoir.

J’hésite et j’avise une femme qui “discute” avec un homme, mais elle a l’air repliée sur elle même et l’individu s’approche petit à petit. Je suis donc allée me mettre sur ce même banc à côté d’elle. A ce moment-là, sa voix a gagné en assurance et curieusement le mec est parti dans les 30 secondes. Même si la discussion était cordiale, je pense que ma présence a suffit à dissuader l’homme d’insister et à la rassurer.

Même sans intervenir, montrer qu’on est là (j’allais lui demander du feu si je la sentais mal mais ça a été inutile) suffit pour couper court.

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Verbal

Ano : “Il était en colère que j’aie souligné son comportement de gros con”

J’ai toujours été choqué par les agressions que peut subir une femme, je les ai vécues moi aussi même si je suis un homme. Depuis peu je fais attention, je regarde partout et j’en vois beaucoup.

Cette fois-là, j’étais dans le bus et je rentrais avec mes collocs. J’ai vu un homme adresser la parole à une femme dans le bus. Elle était en position de faiblesse : ils étaient deux, elle seule et malvoyante. Ils rigolent, sont saouls, l’appellent par un prénom qui n’est pas le sien en prenant une chanson comme pretexte ou je ne sais quoi…

Je n’ai pas réussi à dire quoi que ce soit, à faire quoi que ce soit. Je l’avais vu, c’est tout. Ça me révoltait.

Ils sont descendus au même arrêt que moi. Et c’est là ou le mec le plus relou à commencé à être encore plus insistant “Aller, viens. Viens avec nous. Pourquoi tu veux pas venir?” J’étais énervé, c’est là que j’ai réussi à lui adresser la parole. Lui dire que non elle viendrait pas.

Il l’est devenu aussi (énervé). Il allait “m’enlever mes lunettes”, il fallait que je me respecte et que je n’avais rien à lui dire par ce que j’étais un intellectuel (l’air d’un sdf mais des lunettes larges donc…).
C’est tout ce qu’il avait à me reprocher, mes lunettes. Il était en colère que j’aie souligné son comportement de gros con.

J’étais content d’avoir mes collocs à mes côtés, mais dégouté d’avoir seulement pu lui dire qu’il avait fait peur à sa victime à cause de la peur qu’il instillait alors que j’avais envie de lui vomir tout un tas d’insultes et de vérités autour de son comportement.

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Je suis avec toi
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Pelotage

Stop : “Je lui aurais balancé mon sac dans les couilles, histoire que lui aussi ne dispose pas de son corps”

Je ne me suis jamais laissée harceler. Je réponds tout le temps, je m’arrête pour prendre des photos des gens et quand ils sont en terrasse de café, je rentre pour prévenir le gérant.

Seulement hier, je marchais avec deux amies. Une d’entre elle téléphonait et l’autre me parlait. Un homme, la quarantaine, est passé à côté de moi et m’a attrapé le cul. J’ai pas eu le temps de voir qui c’était, j’ai pas eu le temps de le rattraper. J’suis restée trop con au milieu de République à me demander si j’avais rêvé ou pas.

C’est la première fois que ça me prend autant la tête. Pourtant, j’en ai vu des connards qui se croient tout permis, j’en ai désamorcées des situations sans jamais avoir peur. Sauf que là, j’ai rien pu faire. J’ai eu affaire au pervers lâche qui part en courant. Et je sais pas pourquoi, hier soir, ça m’a plus fait chier que d’habitude.

En rentrant, ma pote m’a dit: “Tu veux te mettre au milieu pour être tranquille, entre nous deux?” Ouais, mais que ce soit elles qui se fassent peloter ou moi, ça change rien.

Si j’avais eu le temps de voir qui c’était dans la foule. J’aurais attrapé sa main pour lui demander en face ce qu’il comptait faire. Je l’aurais frappé dans le genou, pour le faire tomber. Je lui aurais balancé mon sac dans les couilles, histoire que lui aussi ne dispose pas de son corps et ne soit qu’un paquet de quarantenaire qu’on peut utiliser comme un punching ball.

Sauf que le temps que je tourne la tête, il était perdu dans la foule.

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Raciste, Verbal

Eric : “Ce qui me dérange, c’est le sentiment de ne pas pouvoir circuler librement dans certains endroits dans une ville où j’ai grandi”

Un jour, je rentrais tranquillement chez moi, après avoir passer un bon moment chez un ami. J’étais souriant, car il m’arrive de sourire tout seul en pensant à des instants agréables passés récemment. Est-ce un crime ?

Soudain, des personnes, qui se fréquentent souvent en groupe, en journée et même pendant la nuit, en bas des immeubles, etc., se mettent à m’insulter sans aucune raison valable. Peut-être ont-ils vu ce sourire comme une attitude irrespectueuse envers eux, alors que je ne les regardais pas ?

Ces insultes étaient des injures racistes. Depuis ce jour, chaque fois qu’ils me voient dans la rue, ils m’insultent ou bien ils disent: “Tiens, voilà le [sobriquet désignant un peuple]“. Chaque fois que je vais chez un ami, je suis obligé de faire un détour de dix minutes pour éviter ce coin. Pour faire un aller-retour, ça me coûte une vingtaine de minutes.

Pour être honnête le temps ne me dérange pas. Ce qui me dérange, c’est le sentiment de ne pas pouvoir circuler librement dans certains endroits dans une ville où j’ai grandi pendant une quinzaine d’année. Peut-être est-ce de ma faute ? Peut-être devrais-je aller dans certains de ces endroits et ignorer les insultes ?

J’ai indiqué la zone où ça s’est passée, mais c’est la zone la moins pire de la ville…

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Verbal

Alexandra : “Je n’étais plus rien d’autre que ça… une fille en jupe.”

Je marche dans la rue pour rentrer chez moi. Je porte une jupe. Une voiture est à moitié stationnée sur le trottoir. Je vois que le conducteur me regarde arriver, je me sens gênée et je fais comme si je n’avais rien vu. Lorsque je passe devant la voiture, la personne assise du côté passager dit très fort: “… une fille en jupe!”

Je n’ai pas entendu ce que la personne a dit avant, je ne sais même pas si c’était un homme ou une femme, je ne sais pas si on s’adressait directement à moi ou si l’on parlait de moi. Tout ce que je sais c’est que, sur le reste du trajet, je n’étais plus rien d’autre que ça… une fille en jupe. Je n’étais plus que les vêtements que je portais.

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Verbal

MX : “Vous lui faites mal, vous devez arrêter.”

Mon ami sort juste d’une opération et de l’hôpital, angoissé et un peu traumatisé par l’intervention, nous voulons rentrer au plus tôt, afin qu’il puisse se sentir secure.

Nous passons près d’immeubles, deux voix s’élèvent, engueulade de couple, surtout une, celle d’un jeune homme (“Mais j’te baise moi”). Position dominante, la toisant, usant et abusant de son pouvoir d’homme. Il a le regard haineux et une posture de dominant avide de pouvoir. Je suis confuse, envie d’aider, mais des milliers d’émotions se confondent et s’emmêlent. Actuellement très fragilisée et souffrant d’angoisses issues d’agressions antérieures.

Mon ami est mal en point, il continue son chemin, des fois notre propre mal-être nous condamne à être aveugles et sourds de manière inconsciente. Je ne suis pas sûre qu’il ait analysé la scène sur le moment, ou si cela s’est fait après, lorsque je lui ai raconté.

Je suis à quelques mètres d’eux, je me suis arrêtée, je le fixe.

On m’avait dit un jour pour éviter les violences policières: “si tu vois une arrestation, ou une altercation entre policier et des gens, arrête-toi, regarde-les, ça les ‘empêche’ de passer leurs nerfs sur la-les personne-s qu’ils embarquent”.

J’ai pas eu d’idée meilleure, l’impression même de pas avoir eu d’idée du tout, je le le fixe, je le regarde, je m’attends à être agressée à mon tour, si ce n’est physiquement, verbalement, mais je me dis que tant pis, c’est un risque à prendre.

Il m’a vue, sa posture change, la colère vrillant son visage semble disparaitre, ai-je un effet mirroir sur ce qu’il faisait? Je ne sais pas bien ce qu’il se passe dans sa tête, il lui a lâché la main (qu’il maintenait et semblait tordre).

Je le fixe, j’ai mes lunettes de soleil, il ne voit pas mon regard, mais nous nous fixons droit dans les yeux. J’ai peur, je suis dans une incertitude complète et j’essaye d’imaginer les multiples issues positives ou négatives de cette situation. Ma voix voudrait sortir, mais je n’y arrive pas. Je continue de le fixer, lui aussi. Ça dure “longtemps” (mon ami a continué son chemin et a déjà traversé les parkings et disparus derrières les immeubles), je suis à présent seule au milieu d’immeubles et eux sont plus loin. C’est le silence.

“Vous regardez quoi?” Très surprise par son vouvoiement et sa manière de s’adresser à moi, sur la défensive mais bien moins haineux que quelques minutes avant, ma voix se débloque, les mots sortent: “Vous, vous lui faites mal, vous devez arrêter.” Je me sens nulle, mais ça aurait pu être encore pire, j’ai pas bredouillé et c’était clair. “C’est personnel, c’est notre histoire, pourquoi vous nous regardez?” “Vous lui avez fait du mal, vous devez arrêter d’être violent, c’est votre histoire je le comprends, mais vous pouvez le faire sans violence.”

J’ai continué de le(s) fixer, elle a caché son visage et pleurait, elle ne m’a à aucun moment jeté un regard, elle n’a pas bougé, elle est restée là et au bout d’un moment lorsqu’il a semblé acquiescer de la tête, le fait de le faire sans violence, sa posture elle aussi avait changé, comme si la pression était redescendue, je suis partie.

J’ai senti comme une défaillance de son côté, d’avoir été vu? interrompu? Une encore plus grande de mon côté, ce n’est probablement pas la meilleure manière, ni la meilleure action qu’il y avait à faire sur le moment, mais malgré une forme de culpabilité lié à ce sentiment de lâcheté qui m’écrase encore des heures après, je me dis que c’était “mieux que rien”.

Je me répète que je ferai mieux la prochaine fois.

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Je suis avec toi
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