Cam : “Je m’en veux, je me dis que je suis conne, sans savoir quelle attitude j’aurais dû avoir”

Hier soir, je suis allée dans un bar avec des amis. En sortant (je suis alcoolisée donc), on a pris un bus de nuit, ce que je n’avais jamais fait, et j’ai commencé à me perdre (je ne suis pas parisienne, et j’ai un mauvais sens de l’orientation). Je me suis arrêtée sur un trottoir pour essayer de lire sur une carte complètement déchirée où je me trouvais. Un jeune homme en scooter s’est arrêté et m’a proposée son aide. Il a commencé à regarder avec moi, puis m’a dit : “Si je t’aide, il faut qu’il y ait une contre-partie”, ce à quoi je lui réponds, toujours très poliment, avec de grands sourires parce que j’ai un peu peur qu’il s’énerve, que ce n’est pas la peine qu’il m’aide alors, je préfère me débrouiller toute seule. Il insiste, il me regarde galérer comprendre la carte, m’explique que ce serait plus simple que j’accepte son aide quand même, et qu’il ait sa “contre-partie”. Je finis par partir pour essayer de lire ma carte à en endroit où il n’est pas.

J’arrive sur une place où je réessaye de comprendre la carte (l’alcool et mes yeux fatigués ne m’aident vraiment pas). Arrivent deux hommes qui me demandent en anglais ce que je fais là, que ce serait cool que je vienne boire un verre avec eux, qui me montrent sur la carte l’endroit où ils veuillent qu’on aille. Encore une fois, on discute pas mal, je suis toujours aussi aimable avec ces deux mecs qui me fichent la frousse, mais finalement j’arrive à me débarrasser d’eux poliment.

Je croise un couple à qui je demande mon chemin. Ils me l’indiquent, sans “contre-partie”, eux ^^’.

Alors que je suis enfin sur la bonne route, je me fais aborder une troisième fois par un homme qui me fait la conversation. Comme toujours, je suis polie, souriante, mais je lui répète plusieurs fois qu’il n’a pas besoin de me raccompagner chez moi, que je ne suis pas intéressée, il me dit que ce n’est pas grave, il aime bien parler avec moi. On parle de religion, il veut me montrer les étoiles, il se met derrière moi et mets ses bras autour de ma taille, je lui dis d’arrêter, je ne veux pas qu’il me touche comme ça. Il me prends ma main pour marcher, je la laisse (parce que j’ai trop bu ? Parce que j’ai peur et que je préfère qu’il me tienne la main plutôt qu’il me touche ailleurs? Sûrement les deux). Arrivée devant chez moi, je lui dit au revoir, qu’il peut s’en aller, il veut mon numéro, je refuse de lui donner, il insiste, je finis par lui donner mon nom pour qu’il me retrouve sur facebook. J’ouvre la porte et je rentre, je commence à refermer mais il pousse contre la porte pour rentrer aussi, il force pour rentrer et pour m’embrasser. Je lui dis qu’il ne peut pas faire ça, que moi je le respecte et que lui doit me respecter aussi, que je ne veux pas l’embrasser ni quoique ce soit et qu’il doit respecter ça, il insiste tellement que je dois le repousser avec ma main sur sa poitrine. Au bout d’un moment, il finit par accepter et partir, me dire que de toutes façons on se retrouve sur facebook. Je m’endors comme une masse à 5h du matin.

Ce matin, je me réveille à 9h en sursaut, je tremble et je pleure pendant toute la matinée. Je ne supporterais pas qu’on me dise que je n’avais qu’à pas être seule alcoolisée la nuit, pourquoi j’ai été aussi gentille avec tous ses hommes qui empiétaient sur mon libre-arbitre. Et en même temps, je m’en veux énormément pour tout ça, je me dis que je suis conne, sans savoir quelle attitude j’aurais du avoir.

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Je suis avec toi
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4 Responses

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  1. Lorelei dit :

    Malheureusement avec ces débiles, on nous dira toujours qu’on a une mauvaise attitude: si on repousse vertement on pourrait énerver le mec et se faire cogner dessus vcire être violée. Si on est poli, le mec prend ça pour un encouragement et les gens disent qu’on a aguiché.

    Ca commence à bien faire, beaucoup de gens ne disent pas, que c’est la faute du mec et qu’il n’a qu’à pas harceler et tenter si on ne veut pas.

  2. Marine dit :

    Courage à toi! Et surtout ne t’en veux pas, c’est toi qui a été victime des agissements de personnes qui pensent qu’ils peuvent tout se permettre quand ils ont affaire à des femmes; et la victime n’est jamais coupable. :)

  3. Cam dit :

    Merci =)

    Sur les précieux conseils d’amies, je suis allée au commissariat pour déposer une main courante contre le dernier, celui qui a essayé de rentrer chez moi. J’avais très peur de la réaction de la police, des reproche qui pourraient m’être fait, mais ils ont été exemplaires.

    Le policier qui a pris ma plainte m’a donné un conseil, que je n’aurais pas pu suivre samedi soir, mais qui vaut le coup d’être connu: au lieu d’aller chez soi en espérant que le harceleur décide gentiment de nous laisser tranquille, aller au commissariat le plus proche comme si on allait chez soi, puis demander à la police de nous aider.

    Ce n’est pas applicable tout le temps, il faut connaître un commissariat dans les environs et ne pas avoir les pensées paralysées par la peur, mais si on y arrive, ça peut débarrasser temporairement les rues d’un emmerdeur.

  4. HBF dit :

    Moi, j’en veux à ces hommes d’avoir essayé de profiter de toi alors que tu étais visiblement alcoolisée. J’enrage! Il n’y a pas une autre attitude que tu aurais dû adopter, le problème ne vient pas de toi, ni de ta réponse.

    Que faire? En parler le plus possible autour de soi et inciter les gens à intervenir quand ils voient une personne être emmerdée. On ne doit plus considérer comme normal de voir ça la nuit, parce que tout le monde est bourré et que “les choses dérapent”. Il y a tellement de choses simples qu’on peut faire pour changer la donne: appeler un taxi pour quelqu’un, avertir le patron du bar, les videurs, ou juste imposer sa présence.

    Courage à toi, XOXO

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