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L’histoire de Maz, et que faire dans les situations de stalking

Il y a quelques jours, Maz nous envoyait son témoignage dans lequel elle racontait être suivie régulièrement dans la rue par un homme qui lui était inconnu. Voici un extrait :

Il y a déjà 1 ou 2 semaines au maximum, je l’avais remarqué. Juste à coté de chez moi, déjà son visage m’était familier, je l’avais déjà vu. En rentrant chez moi, nos regards se sont croisés. Il a ralenti le pas, m’a fixée, m’a regardée rentrer chez moi. J’en ai parlé à mon ami. Il m’a dit que ce devait être une impression seulement. Et l’impression de déjà-vu devait être due au fait que ce soit quelqu’un du quartier. Il y a une heure, j’attendais le bus. Je remarque qu’il est là. Je décide de descendre un arrêt plus tôt afin de ne pas le croiser en rentrant chez moi. Et encore une fois, je n’y échappe pas. A quelques mètres de mon immeuble, je le vois marchant devant moi. Je m’arrête pour le laisser prendre de l’avance et qu’il ne me voit pas. Il ralentit près de mon immeuble et regarde autour de lui comme s’il cherchait quelque chose ou quelqu’un (moi en l’occurrence). Il me voit, traverse de mon côté de la rue. Il fait même demi-tour et s’arrête en me regardant rentrer chez moi. Mon immeuble est un peu en retrait de la rue. Nos regards se sont encore croisés. Il sait que je l’ai remarqué et aujourd’hui il a remarqué que j’avais une peur bleue de lui (je me retournais pour vérifier s’il était parti mais il était encore là à me regarder…).

Dans son témoignage, Maz nous faisait part de son angoisse et demandait des conseils. Tout d’abord, un rappel : Hollaback est une plateforme de témoignage et de sensibilisation et ne traite pas les situations d’urgence. Non pas que nous ne le voulons pas, mais nous ne le pouvons pas : nous n’en avons ni les moyens ni les compétences. Si vous êtes en danger, contactez un numéro d’urgence.

L’histoire de Maz vient toutefois nous rappeler combien il est difficile de trouver des ressources sur le harcèlement “privé” ou stalking. S’il existe en France des lois contre le harcèlement moral et sexuel, il n’y a pas de loi générale qui punirait le harcèlement quelque soit sa nature et la sphère dans laquelle il se produit. Vous trouverez sur la page de la Sûreté du Québec consacrée au harcèlement criminel (FR) et celle du Stalking Resources Center (EN) des conseils et stratégies utiles.

Voici quelques conseils extraits de ces pages qui pourraient être donnés à Maz :

1. Il doit y avoir une demande claire de votre part à la personne qui vous harcèle de cesser ses agissements. C’est un point de départ indispensable : après votre demande, soit la personne comprend votre message, arrête de vous suivre et tout rentre dans l’ordre, soit elle persiste et son comportement devient alors “officiellement” répréhensible. C’est un premier pas difficile, surtout dans votre cas car cet homme vous est inconnu, et qu’entrer ainsi en contact avec lui pourrait renforcer son comportement. Il vous appartient de juger l’opportunité d’agir ainsi ou non, et si oui dans quelle condition (seule, accompagnée, en public, etc.).

2. Après ce contact, éviter absolument tout autre contact avec cette personne.

3. Prenez des notes, gardez un journal, une trace de tout ses agissements et de toutes vos rencontres avec lui : les endroits où vous le voyez, d’éventuels cadeaux mystérieux, etc.

4. Votre sécurité est le plus important, surtout si ses tentatives d’interagir avec vous ou ses “apparitions” se font plus fréquentes : n’hésitez pas à faire appel à la police. Prévenez aussi votre entourage, amis, famille, personnes de confiance. Voici des exemples de mesures de sécurité à prendre :

• Avoir son téléphone portable sur soi en permanence. Connaître les numéros d’urgence. Avoir les numéros de personne de confiance enregistrés.

• Prendre toutes les menaces au sérieux, qu’elles soient directes ou indirectes. Encore une fois, ne jamais hésiter à appeler la police.

• Casser sa routine. Varier ses itinéraires pour aller au bureau, prendre une autre ligne de bus, modifier ses horaires, changer ses endroits habituellement fréquentés, etc. Si possible, éviter de se déplacer seul·e.

• Faire confiance à ses instincts. Dans un lieu ou une situation dans laquelle vous ne vous sentez pas en sécurité, partez.

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Autre

Amandine : Petite revue non exhaustive de comportements masculins inadmissibles que j’ai eu à subir dans ma vie. 6/6

Deux ans plus tard, je ne sais plus pour quelle raison mais je me retrouve à inviter mon voisin turc ne parlant pas très bien le français à boire un café chez moi. En fait, c’était plutôt chez nous puisque je vivais en couple et que ce même voisin le savait très bien. Il réalise que je suis une “femme moderne” à ses yeux puisque je fume et je bois (oh mon Dieu que c’est extraordinaire…). Ses gestes et paroles deviennent de plus en plus déplacés. Vivant dans un studio, je prends la précaution de ne pas le faire s’asseoir sur notre lit mais il commence à y jeter des regards suspects, sûrement pour me faire comprendre qu’on serait tellement mieux dessus… Je le fais sortir car j’ai à faire dehors.

Quelques jours plus tard, je le vois au bout de la rue, il m’a vu et m’attends. Je me dis “Et merde…”, je passe près de lui, le salue et il commence à marcher avec moi jusqu’à notre immeuble. Je reste polie car je le sens perdu dans un pays qu’il ne connaît pas. En passant près d’un bosquet fleuri, je lui fais remarquer que c’est très joli, ces roses. J’en cueille une, il en fait de même. Nous rentrons chez nous, puis le lendemain, dans ma boîte aux lettres, je vois un bouquet de ces mêmes roses. Ne sachant quoi faire, je le met dans sa boîte aux lettres pour qu’il comprenne que je ne suis pas intéressée.

Ensuite, une autre fois, je l’aperçois au bout de la même rue, il m’attends encore. Je décide de le contourner en faisant le tour de l’immeuble pour ne pas avoir à lui parler. Je prends mon temps. Une fois devant chez moi, il est encore là, en train de fumer une cigarette, visiblement il m’attends. Exaspérée, je décide de passer devant lui en l’ignorant, il me dit : “Mais qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi tu ne veux pas me parler ?” Je soupire en lui disant que ça suffit maintenant, que les choses sont très claires, qu’il faut qu’il arrête.” Le pire dans tout ça, c’était son regard plein d’incompréhension, vraiment, il ne saisissait pas le problème.

Ces 6 histoires ne sont pas les seules que j’ai eu à subir dans ma vie mais elles me semblent représentatives de ce que les femmes peuvent vivre au quotidien.

Etre suivie, être agressée, être touchée, être humiliée… C’est bien triste mais le pire dans tout ça c’est que je n’ai que 23 ans ! Au moins une fois par an, j’ai à subir ce genre d’évènements traumatisants. Alors que j’avais à peine 15 ans, en parlant avec des amis, nous avons réalisé que nous étions déjà 4 à avoir été violés (filles ET garçons). Quand mes amies et moi tentons de faire comprendre aux garçons (et parfois à d’autres filles) la difficulté que ça représente le harcèlement de rue, la plupart d’entre eux ne se sentent pas du tout concerné. Soit parce qu’ils n’ont jamais eu à le subir, soit parce qu’ils considèrent que les hommes qui font ça sont des cas isolés. Des cas isolés ??? Vraiment ??? Alors, pourquoi presque chacune d’entre nous a au moins une anecdote de ce type à raconteri?…

 

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Agression

Amandine : Petite revue non exhaustive de comportements masculins inadmissibles que j’ai eu à subir dans ma vie. 5/6

Un an plus tard, au temps de la fac, alors que je marchais en plein centre ville, en plein après midi dans une rue très fréquentée, un homme s’approche de moi et me demande l’heure. Je baisse la tête vers ma montre et quand je la relève, il m’empoigne et tente de m’embrasser de force. Je me débats et évite sa bouche de gros dégueulasse. Pas plus gêné que ça, il continue de sourire et je m’en vais.

 

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Opinion

SlutWalk, une Marche des Salopes qui tombe à pic

Régulièrement, on enterre le féminisme. Régulièrement, on accuse la nouvelle génération de croire que tout est acquis en matière de droits des femmes. Régulièrement, on demande : “Mais où sont les féministes ?” Et quand des voix s’élèvent pour répondre : “Euh, ici”, on doute : “Oui mais est-ce que ton mouvement est vraiment féministe ?”

La première SlutWalk, ou “Marche des Salopes”, s’est tenue à Toronto le 24 janvier 2011 en réaction à la déclaration d’un policier après le viol d’une étudiante : “Women should avoid dressing like sluts in order not to be victimized” (“Les femmes devraient éviter de s’habiller comme des salopes si elles ne veulent pas être victimisée”). En organisant une Marche des Salopes, les participant·e·s dénonçaient cette attitude trop courante consistant à reprocher à la victime son propre viol et se réappropriaient par la même occasion le mot “salope”. Depuis quelques semaines, on assiste à une propagation des SlutWalks en Amérique du Nord, elles arrivent maintenant en Europe.

Une Marche des Salopes se tiendra demain, dimanche 22 mai, à Paris. Voir les détails ici.

Est-ce que ces manifestations sont le meilleur moyen de dénoncer le victim-blaming ? Est-ce que les SlutWalks ne sont pas une mode qui disparaîtra aussi vite qu’elle est apparue ? Peut-être. Personne ne sait. On s’en fout. Les Marches des salopes pourraient démentir toutes les déclarations de mort du féminisme et d’absence de conscience féministe chez les plus jeunes. En fait, voilà un sursaut féministe spontané et joyeux qui tombe à pic. Voilà des gens qui ont pris le temps de réfléchir à ce qu’était un viol, de s’imaginer et se rendre compte de sa brutalité, de s’informer et peut-être d’informer les autres sur ses conséquences. Des gens qui ont déconstruit leurs préjugés et appris à distinguer viol et sexualité ou séduction. Des gens qui trouvent que “quelque chose cloche” quand ils lisent des articles où les mots “agression sexuelle” sont remplacés par “scandale sexuel”, quand ils voient que ces affaires sont minimisées, banalisées, quand ils constatent qu’à la télé, la radio, les commentaires Facebook, au boulot, en soirée, partout, on en rit comme d’une bonne blague.

Rien n’est une invitation au viol. Si je me promène dans la rue à moitié nue et que je suis violée, ce n’est pas de ma faute. Une évidence de premier ordre qui n’est pourtant pas encore devenu un réflexe intellectuel. C’est ce que les SlutWalks nous rappellent.

Nous parlions ici de la façon dont les femmes étaient constamment jugées sur leur apparence. Le matin devant leur miroirs, certaines se sont déjà demandé : “Si je suis agressée dans cette tenue, est-ce qu’on va me prendre au sérieux ?” C’est ce que les SlutWalks dénoncent.

Dans la rue, les femmes sont l’objet de constantes sollicitations sexuelles non désirées qui sonnent comme des rappels à l’ordre. Elles sont sifflées, klaxonnées, déshabillées du regard, insultées, suivies, touchées… Ces micro-agressions, ou ces agressions tout court, sont quotidiennes. Les SlutWalks veulent dire qu’on en a franchement assez.

Photo : thelearningcurvedotca sur Flickr.

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Autre, Être suivi·e

Amandine : Petite revue non exhaustive de comportements masculins inadmissibles que j’ai eu à subir dans ma vie. 4/6

Un an plus tard, alors que je venais de passer la soirée en centre ville, je réalise avoir loupé mon bus pour rentrer chez moi. Je décide donc de faire le chemin à pied, à peine 3 km. C’est un trajet que je connais par cœur, je suis confiante car même s’il était minuit passé, je pouvais être sûre de croiser du monde en voiture, les rues sont très bien éclairées. Pas de danger particulier en vue.

Après à peine 5 minutes de marche, une voiture s’arrête à mon niveau et la vitre côté passager s’ouvre. Je m’attends à donner une direction au conducteur perdu. Je m’approche et penche la tête. L’homme est en train de se masturber au volant, son regard est pervers. Je soupire et lâche un “connard”, je décide de quitter les lieux sans rien dire de plus.

Je continue ma route. Je vois un jeune homme marcher en sens inverse, sur le trottoir d’en face. Mon pas est rapide et décidé. Cependant, au moment où nos chemins de “croisent” je me rends compte que la personne a traversé la route, il se trouve maintenant de mon côté et me suit. Je marche de plus en plus vite, lui aussi. Je me met à courir, lui aussi. “Quelle soirée de merde” me dis-je. Après quelques minutes, je me retourne, il n’est plus là. Ça ne me rassure par pour autant. Je suis rentrée chez moi à toute vitesse pour finir la nuit dans un état d’angoisse.

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Agression

Amandine : Petite revue non exhaustive de comportements masculins inadmissibles que j’ai eu à subir dans ma vie. 3/6

A peine 2 ans plus tard, ayant raté mon bus pour aller au lycée, je décide de m’y rendre en prenant un raccourci, c’est-à-dire traverser le même parc que je citais plus haut. C’était très tôt le matin, il faisait encore bien noir. Quelques personnes étaient présentes dans le parc, surtout pour promener leurs chiens. A un moment, je passe un petit pont qui mène à des escaliers en bois. Je sens une présence derrière moi. Je pensais qu’il s’agissait d’une personne âgée et comme ces escaliers sont dangereux, je m’arrête au milieu et dit par politesse : “Bonjour, vous pouvez passer devant moi si vous voulez.” Et là horreur, il s’agissait d’un (jeune?) homme, il m’empoigne brutalement le bras et me dit : “Vas-y suce-la”, son autre main tenait son sexe en érection. J’étais stupéfaite, pétrifiée, je réponds : “Non, non, non” et tente de me débattre. Il me serrait si fort que j’ai décidé de lui envoyer un coup de pied dans les testicules. Je ne sais pas trop si j’ai réussi mon coup, mais il me sort : “Alors là ma petite, tu vas le regretter crois-moi”. Je continue de me débattre et j’échappe à son emprise. J’ai couru sans m’arrêter jusqu’au lycée où je me suis effondrée en pleurs.

 

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Opinion

Du harcèlement et des vêtements que nous portons

Beaucoup d’histoires sur Hollaback! commencent par “je portais ça quand c’est arrivé.” Leurs auteur·e·s voulant ainsi souligner qu’ils ou elles ne portaient pourtant rien de provoquant quand on les a harcelé·e·s. Le harcèlement dans la rue n’est pas de notre faute, nous savons ça. Nous savons aussi que l’ombre du soupçon pèse toujours sur les femmes (en particulier) harcelées ou agressées.

Le harcèlement dans la rue n’arrivent qu’aux femmes qui s’habillent sexy ? Un mythe.

Anodin, une jupe ?

Si je suis harcelée alors que je portais ma petite-jupe-noire-qui-tue ou ce pantalon à la coupe parfaite, est-ce que j’aurais honte de l’avouer ? C’est possible. Pour se convaincre des choses que l’on sait pourtant déjà, il faut se les répéter encore et encore : oui, on s’habille parfois pour impressionner son partenaire ou ses ami·e·s ou son rendez-vous galant ; jamais pour s’attirer le commentaire graveleux d’un parfait inconnu. Oui, dans de telles tenues, on se retourne parfois sur notre passage et ce n’est pas toujours déplaisant du moment que cette attitude demeure respectueuse.

Les vêtements que nous portons changent le regard des gens : ce regard peut être séduisant, et l’on a alors envie d’en jouer, ou il peut être menaçant, et l’on doit alors s’en protéger. Maïa Mazaurette a écrit pour Arte.fr un billet sur “les effets de la jupe” qui explique bien tout ce que ces “quelques dizaines de centimètres de tissu” comportent d’ambiguïté et de complexité.

Nous sommes toujours partagés entre le désir de porter ce que bon nous semble au nom d’un “droit d’être sexy” et la crainte de se faire emmerder et donc d’opter pour une tenue passe-partout au nom d’un “droit d’être anonyme.”

Safe vs. Sexy

La photographe américaine Sarah Hughes a voyagé autour du monde (Canada, Etats-Unis, Suède, Argentine, Afrique du Sud) pour réaliser The persona Project: Safe & Sexy. Elle a photographié des femmes dans les tenues qui les faisaient se sentir le plus en sécurité et celles qui les faisaient se sentir le plus sexy. Selon les pays, la différence est flagrante ou imperceptible. L’occasion de débattre sur la façon dont les questions de confort, de sécurité ou le jugement des autres affectent nos “personnages”.

Son travail illustre parfaitement ces deux réalités de nos vies : protection et séduction. Je vais à une soirée, j’enfile des talons aiguilles, mais dans mon sac je mets une paire de chaussures plates en prévision du retour. Nous avons deux “personnages” interchangeables selon les situations. Vous aussi, la vie de Clark Kent/Superman vous paraissait compliquée quand vous étiez mômes ?

Je ne l’ai jamais cherché

Les femmes sont souvent jugées sur leur apparence et accusées d’avoir provoqué leur agression. (Prenez au hasard de vos résultats Google un article sur l’agression d’une femme. Lisez les commentaires des internautes en bas de la page.) Cet argument est celui de celles et ceux qui croient encore qu’il suffit de respecter certaines règles tacites et universelles pour éviter d’être harcelé ou agressé (ne rien porter de trop provoquant, ne pas traîner trop tard le soir, ne pas trop boire…). Il est aussi celui des harceleurs et agresseurs qui refusent de prendre leurs responsabilités.

The Blank Noise Project, en Inde, a imaginé le projet I Never Asked For It (“Je ne l’ai jamais cherché”). Le concept : envoyer une photo des vêtements que l’on portait au moment où l’on a été harcelées. Exhibées comme des pièces à conviction et tristement suspendues à des cintres, ces garde-robes ont l’air bien innocentes.

Pour se convaincre des choses que l’on sait pourtant déjà, il faut se les répéter encore et encore : une tenue vestimentaire, ou l’individu qui la porte, ne provoquent pas le harcèlement. Le harceleur provoque le harcèlement. Rien ne peut constituer une invitation à une agression. De quoi rappeler ce spot pour une campagne de prévention contre le viol au Royaume-Uni :

Dans un bar, deux hommes commentent une fille qui se trouve un peu plus loin. Elle porte une jupe bleue à paillettes.

Un des types : “Ouuu, regarde un peu cette jupe ! Elle le cherche, là !”

Flashback. Cette même fille, quelques heures plus tôt dans une boutique de vêtements.

Une vendeuse : “Est-ce que je peux vous aider ?”

La fille : “Oui, s’il-vous-plaît. Ce soir, je sors et je voudrais être violée. Je cherche une jupe qui incitera un type à coucher avec moi sans mon consentement.”

Puis elle montre deux jupes, une rose, une bleue à paillettes, qu’elle n’arrive pas à départager.

La vendeuse : “La bleue. Sans aucun doute, la bleue.”

“Comme si.”

 

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Agression

Amandine : Petite revue non exhaustive de comportements masculins inadmissibles que j’ai eu à subir dans ma vie. 2/6

Dans ma classe au collège, des garçons – que j’aimais pourtant bien – ont commencé à avoir des comportements et paroles tendancieux. Entraînés par l’un d’entre eux, les mains aux fesses ont commencé à pleuvoir sur les filles, plus particulièrement sur moi. Malgré mes protestations, rien n’y faisait, ils n’arrêtaient pas. J’étais à bout. Comme nous habitions tous dans le même quartier, il arrivait fréquemment que nous faisions la route ensemble pour rentrer chez nous. La fois de trop reste gravée en moi : en bas de chez moi, deux des garçons m’ont fait me mettre les genoux à terre et ont mimé l’acte sexuel contre moi, le tout accompagné de paroles vexantes (“prends ça”, “t’aimes ça hein”). Et vas-y que ça rigolait… J’étais d’autant plus mal qu’un des garçons était un de mes ex. Ma mère a déposé une main courante contre eux et est allée voir le principal de mon collège. Les garçons risquaient l’exclusion temporaire. Par peur de perdre ce qu’on peut appeler ma “popularité” (et peur de représailles aussi…), je suis allée parler au Principal pour les défendre, minimiser la situation, etc. Il m’a répondu : “Connais-tu le syndrome de Stockholm ?” (se prendre d’amitié pour ses agresseurs). Je crois bien qu’il avait raison, j’étais en plein dedans…

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Autre

“Fallait que ça sorte”

Tu sors tranquillement. C’est un soir de semaine. T’as mis une robe. Il est 22h le temps de rejoindre une soirée. Tu prends le métro, tu t’assois. Un mec regarde tes jambes puis commence à mettre la sienne entre les tiennes. De façon totalement volontaire et ouverte. Quand tes jambes commencent à être trop écartées, tu te lèves en rage et tu ne comprends pas qu’un mec puisse avoir aussi peu de respect. Tu vas au fond du wagon sans rien dire, pas même un regard de mépris parce que ça ne vaut vraiment pas le coup de lui prêter attention.

Lire la suite…

Merci à B. pour le lien de ce billet sur Misspress.

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Homophobe, Verbal

Vus sur Vie de meuf et Vie d’homo

Connaissez-vous Vie de meuf et Vie d’homo ? Reprennant le concept du microblog Vie de merde, ces sites invitent les internautes à raconter leurs anecdotes du sexisme et de l’homophobie ordinaires. Voici quelques posts où il est question de discrimination dans la rue.

COUP DE POING DANS LES YEUX ET/OU DANS LES COUILLES ?

Je me balade en ville, j’intercepte un regard bien salace sur les fesses d’une jeune femme auparavant interpellée. Je le regarde, lui dit :

“Je t’ai vu.

- Quoi tu m’as vu ?

- Où tu regardais !

- Et alors pour la niquer ma bite j’vais la mettre où ?!”

Et il se marre avec ses trois potes. Foutage de gueule continu sur 50m.

La libido est active, c’est ainsi, mais une telle arrogance sexiste…

#viedemeuf

Cynthia

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CLASSE CYCLISTE

Ce soir, deux cyclistes qui roulaient sur le trottoir et que je n’avais pas entendu derrière moi, ont fait allusion de manière très classe au fait que mon petit cul (qui ne bougeait donc pas pour leur laisser la place) devait faire un malheur le soir, justement sur ce même trottoir.

#viedemeuf

SF

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IL SUFFIT DE L’ATTACHER

Un post qui a provoqué un long débat sur #viedemeuf.
J’ai entendu dans le métro un homme raconter une blague à ses copains : « Une lesbienne bien attachée peut passer pour une hétéro ». Le pire c’est que d’autres gens dans le wagon ont trouvé ça drôle.

Olive

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SEXISME ET HOMOPHOBIE

Ma compagne et moi (ensemble depuis un an et demi) nous promenons en se tenant la main parfois. Il arrive que des hommes nous interpellent pour nous faire savoir qu’ils ont compris le message et qu’ils sont excités. Pour eux, nous sommes des perverses qui voulons les attirer. En revanche, une femme qui se promène à la main d’un homme est une femme bien rangée, à ne pas déranger, et dont le choix est respecté. Et la liberté sexuelle des femmes dans tout ça?

FE

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“UN COUP DE BITE, ÇA VOUS DIT ?”

Il y a quelques mois, la nuit en plein centre-ville : Une voiture freine à quelques mètres d’une amie et moi, une voix masculine nous interpelle “Oh les putes ! Un coup de bite, ca vous dit ?”…
Aurions-nous eu droit à cette phrase si nous étions des hommes ? Certainement pas !
#viedemeuf

Mamzelle

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